Pochette de l'épisode Franck Vogel, photographe conférencier

Épisode 277 · 1 h 01

Franck Vogel, photographe conférencier

Podcast Photographe Pro 2.0

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Fred Marie reçoit Franck Vogel, photographe et conférencier. Ingénieur agronome de formation, il est parti en 2002 pour un an de voyage en stop en Afrique et en Asie avec 1 500 euros, ses sponsors s'étant retirés après le 11 septembre. Il y a appris la méditation dans un monastère birman et en est revenu avec 8 000 diapositives et une mission en quatre points : voyager, rencontrer, photographier et inspirer, devenir un passeur. L'épisode retrace comment la photographie l'a mené aux conférences d'entreprise et au conseil aux dirigeants.

Les Bishnoïs, le sujet fondateur

Tout part d'un peuple du désert du Thar, au Rajasthan, qui vit en harmonie avec la nature depuis le XVe siècle selon 29 règles édictées par son prophète : végétarisme, protection des animaux, interdiction de couper les arbres, et même, en 1485, un congé maternité et un congé menstruel. L'invité a financé lui-même ce sujet, passé un an et demi en Inde avant de montrer une première image, puis l'a présenté à Visa pour l'Image en 2008 avec un pitch préparé en versions de quinze secondes, une minute ou une demi-heure. Publié en 2009 dans le numéro des 30 ans de Géo, repris dans 25 pays, le sujet lui a valu d'être nommé ambassadeur de ce peuple d'un million de personnes.

Il travaille depuis avec Géo, un à deux sujets par an, de 16 à 40 pages. Ses textes ont longtemps été coécrits : il vient pour la première fois de rédiger seul un article de 20 pages, en trois jours, puis son nouveau livre en un mois, après avoir dépassé un syndrome de l'imposteur.

Conférencier : tarifs et effets

Le virage vient d'un appel d'Erik Orsenna après la sortie de son livre sur les fleuves en 2016 : une intervention commune à la COP22 à Marrakech, puis un agent partagé. L'invité donne des repères concrets : environ 1 000 euros la conférence pour débuter, jusqu'à 6 000 ou 8 000 euros ; son plus gros cachet est de 6 000 euros pour 40 à 45 minutes ; les agents prennent plus de 10 %. Les conférences amènent d'autres conférences, des commandes corporate et parfois la vente d'une exposition avec droits d'auteur, ce qui double le prix. Le livre, lui, rapporte peu : une carte de visite de deux kilos.

Il prépare un ouvrage destiné aux dirigeants, un modèle inspiré des Bishnoïs autour de cinq axes : parité, bien-être, respect au travail, alimentation et lien avec la nature. Il cite une enseigne de jardineries de 3 000 salariés pour laquelle il a réalisé le projet Moi la forêt, exposé dans 82 magasins, et dont le turnover serait passé de 33 % à 11 % après la mise en place d'un programme de bien-être.

Apprendre à vendre

Avant de vivre de la photo, il gagnait 500 euros par an avec ses images. Il a appris la vente en commercialisant des lampes rétroéclairées tirées de ses diapositives, mises au point avec une filiale d'HP, vendues à un traiteur de luxe puis à une maison de champagne, ce qui finançait ses sujets en travaillant trois mois par an. Il avoue que deux ou trois refus au téléphone le mettaient hors jeu pour la journée, et conseille de ne pas démarcher quand on n'est pas dans une bonne énergie. Sur l'IA, il reste optimiste : nivellement par le haut, exigence des fichiers RAW chez Géo, fin des photos d'illustration basiques.

Son message final : ne pas lâcher si c'est vraiment ce que l'on veut, quitte à garder un emploi à côté. Un épisode utile aux photographes documentaires qui cherchent à diversifier leurs revenus et à ceux qui redoutent la vente.

Résumé rédigé d’après l’épisode. Sources : vidéo de l'épisode sur YouTube.

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Parmi les invités : Patrick Chauvel, Eric Bouvet, Pascal Maître, Joëlle Verbrugge, Oliviero Toscani, Dimitri Beck (Polka).