Fred Marie reçoit Yohan Terraza, photographe et réalisateur installé à Bordeaux, à l'univers sombre et pictural. Ancien graphiste, il a vécu de la photographie de mariage pour une clientèle anglaise et américaine avant de se recentrer sur ses projets artistiques, le paysage, le portrait et l'exploration, ainsi que sur une plateforme en ligne destinée aux photographes. Depuis début 2024, il anime aussi un compte Instagram qui dépasse les 50 000 abonnés. L'épisode parle d'image publique, d'argent, d'erreurs et d'entrepreneuriat.
Être clivant et rester honnête
L'invité définit le personal branding comme l'image que l'on renvoie sur les réseaux, à condition qu'elle reste en accord avec ce que l'on est. Lui pousse volontairement le côté râleur et comique, mais il peut tenir ce jeu parce qu'il lui ressemble. Il invite les auditeurs à aller voir ses premiers reels, qu'il juge très mauvais : les débuts ne sont jamais brillants. Le ton a trouvé son public quand il a assumé ce qu'il avait envie de faire, avec en contrepartie les premiers commentaires hostiles liés au contenu viral.
Son message central : ne pas avoir peur d'être clivant, car c'est ainsi que les bonnes personnes se reconnaissent et viennent à vous. Il applique la même logique au portfolio, comparé à un passeport. Un client qui cherche un photographe de mariage veut voir des mariés, pas un mélange de paysages, de portraits et de culinaire. Une fois la douane passée, le photographe peut montrer le reste et dialoguer.
Vendre n'est pas arnaquer
Pour Yohan Terraza, un photographe qui prétend que le business n'a rien à voir avec la photo vit probablement mal de son activité. Vendre, c'est échanger de l'argent contre un service ou une expérience ; le boulanger ou le plombier ne sont pas des arnaqueurs. L'argent, comme l'intelligence artificielle, est un outil : tout dépend de l'intention derrière. Il conseille d'apprendre le marketing plutôt que de le mépriser, de sonder son public avant de lancer une offre, et de se faire plaisir d'abord, en égoïste qui pense à soi sans ne penser qu'à soi.
Il revient sur une erreur récente : un reel improvisé sur un concours photo organisé à Paris, qui a dépassé 80 000 vues en trois heures, mais reposait sur une information non vérifiée. Il l'a supprimé et publié un correctif, et le public a apprécié cette honnêteté. Il dénonce au passage les concours qui récupèrent gratuitement les images des participants, et juge les tarifs de la presse scandaleux.
Une plateforme et une équipe
Il avait depuis des années l'envie de fédérer les photographes ; la décision de s'y mettre est venue après une pause chez des amis. Il a d'abord proposé du mentorat individuel, puis bâti en un an et demi, avec un développeur, une plateforme par abonnement : trois ateliers en direct chaque mois, des replays, un outil de sorties photo, des forums de critique, un événement physique deux fois par an. Environ 200 membres, surtout des amateurs passionnés, y sont inscrits au moment de l'enregistrement. Un accompagnement business distinct, avec places limitées, est confié à une équipe dédiée. Il travaille avec six personnes, dont une agence marketing plus en phase avec son refus des méthodes de vente agressives.
Il conclut sur la patience : les réseaux font croire que tout doit aller vite et bien, alors qu'il faut apprécier le parcours plus qu'un résultat fantasmé.
Cet épisode est utile aux photographes qui hésitent à se montrer sur les réseaux, à ceux qui ont un rapport compliqué à la vente et à tous ceux qui veulent bâtir une activité qui leur ressemble.
Résumé rédigé d’après l’épisode. Sources : vidéo de l'épisode sur YouTube.
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