Dans cet épisode solo, Fred Marie part d'un constat tiré de quinze ans de métier : les débutants demandent comment faire de meilleures images ou trouver des clients, alors que le plus utile est d'apprendre à ne pas faire d'erreurs. Il observe que la gendarmerie, où il vient de réaliser un reportage sur une incorporation, laisse volontairement les jeunes se tromper pour qu'ils s'en souviennent. Il remarque aussi que les entrepreneurs qui réussissent posent des questions et écoutent. D'où cette liste de cinq erreurs à éviter.
Mal dépenser et rater les occasions
Première erreur, qui touche selon lui tous les photographes : acheter du matériel neuf sous la pression du marketing des constructeurs. Il recommande l'occasion, achetée chez des revendeurs professionnels qui révisent et garantissent le matériel, pour un prix trois à cinq fois inférieur. L'argent économisé sert à payer un fixeur, un trajet ou des frais sur place. Même logique pour les formations : certaines sont bien vendues mais inutiles, tandis que ceux qui n'investissent jamais dans leur savoir perdent du temps sur le long terme. Acheter ne suffit pas, il faut appliquer.
Deuxième erreur : ne pas participer aux événements. Il cite Visa pour l'image à Perpignan, qui réunit chaque année les rédactions et des milliers de photographes, mais devrait attirer encore plus de monde. Ceux qui trouvent des excuses pour ne pas se déplacer laissent les opportunités à des concurrents qui, eux, viennent chaque année.
Penser en indépendant, pas en salarié
Troisième erreur : garder un mode de pensée de salarié. L'indépendant n'a personne au-dessus de lui à part ses clients, et le danger est qu'ils deviennent ses nouveaux patrons. Horaires fixes, week-ends et vacances ne font pas partie de l'équation de départ ; on peut les ajouter, mais l'actualité n'attend pas. Fred Marie précise qu'il prend des vacances et a une vie sociale, mais que son entourage sait qu'il travaillera la nuit ou le week-end si nécessaire. L'indépendant est responsable à 100 % de ses résultats : ni le marché, ni les concurrents, ni les iconographes qui ne répondent pas ne sont en cause.
Quatrième erreur : ne penser que photo. Dans photojournalisme, le mot important est journalisme. Apprendre à se servir d'un boîtier prend quelques heures, le reste est de la pratique ; comprendre une histoire, cadrer pour illustrer un papier ou une double page, c'est plus difficile. Ceux qui réussissent développent une expertise en plus, comme un photographe de mariage qui connaît l'écosystème du mariage, et peuvent ensuite proposer livres, expositions ou conférences, à l'image de Franck Vogel, passé récemment dans le podcast.
Faire travailler son argent
Cinquième erreur : ne pas investir. Fred Marie raconte avoir financé son dernier voyage aux États-Unis, qui a coûté plusieurs milliers d'euros, en vendant une partie de ses cryptomonnaies. Il a commencé à investir pendant le Covid, en 2019-2020, en achetant ses premiers bitcoins à 8 000 dollars. Ce voyage a produit plus de 1 500 photos qui commencent déjà à se vendre. Il conseille de placer une petite partie de chaque prestation, ne serait-ce que 50 ou 100 euros, et de n'investir que dans ce que l'on comprend. Son revenu principal reste son activité de photojournaliste salarié au magazine Défense Zone, complété par des revenus du capital.
Cet épisode s'adresse aux photographes qui veulent gagner du temps en apprenant des erreurs des autres plutôt que des leurs.
Résumé rédigé d’après l’épisode. Sources : vidéo de l'épisode sur YouTube.
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