xavier lalu

Xavier Lalu est journaliste et formateur. Aujourd’hui correspondant pour Libération à Toulouse, il est aussi le co-fondateur de l’Immédiat, une plateforme de formation, spécialisée dans les contenus numériques. 

Dans ce nouvel épisode du podcast, vous allez apprendre :

  • Ce qu’est positionnement journalistique 2’’20
  • Comment choisir un angle pour traiter un sujet 13’’10
  • Le fonctionnement de la presse aujourd’hui  39’’00
  • La place de l’image dans la presse avec l’exemple de Libération 33’’28

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Le positionnement journalistique

Xavier Lalu enseigne à Sciences-Po Toulouse. Il intervient en 4ème et 5ème année du cursus. Après trois ans de tronc commun pour acquérir une solide culture générale, les étudiants poursuivent deux années pour apprendre le métier de journaliste. « L’un de mes objectifs c’est de les faire rentrer dans la posture journalistique. Je veux qu’ils abandonnent les oripeaux de la dissertation académique pour entrer dans le traitement du sujet, l’angle, des choix éditoriaux forts, la titraille, etc ». 

Xavier insiste sur ce regard critique apportée sur la pratique du journaliste. « Quand on va observer quelque chose, on interfère forcément avec ». La déontologie doit dicter le comportement à avoir en toute circonstance, à savoir « ne pas travestir la réalité volontairement, ne pas occulter de manière volontaire ce que l’on observe ». Il rappelle à quel point il est important « d’expliquer, d’inscrire dans le contexte et de garder un équilibre dans le traitement de l’information ». 

L’enseignant cite d’ailleurs la Charte de Munich, à laquelle se réfère la plupart des médias. Ce texte, signé en 1971, permet de mieux appréhender cette notion de positionnement journalistique.

Charte de Munich / Déclaration des droits et devoirs des journalistes
La Charte de Munich (ou Déclaration des droits et devoirs des journalistes)

Comment choisir un angle

D’après l’enseignant en journalisme, cette notion de l’angle journalistique nécessite au moins deux ans de travail, pour la comprendre et la pratiquer correctement. « J’aime bien comparer le journalisme et l’artisanat parce que c’est un métier galvaudé. Il est de bon ton de penser que tout le monde peut devenir journaliste ». Il décrit avec précision cette approche spécifique du traitement de l’information, qui est essentiel à la démarche journalistique. « Le traitement, c’est l’angle ! Dans quelle direction va la caméra, à quelle distance se situer par rapport au sujet ». Qu’il s’agisse d’un support en images ou en écrit, c’est la notion de choix qui définit l’angle. 

« L’absence de traitement d’angle, c’est l’absence de choix. C’est ce qui va différencier un bon journaliste d’un mauvais. Quand tu ne fais pas de choix, tu effleures ton sujet et tu n’intéresses pas. Notre but c’est quand même d’être lu, pour faire passer l’info, pour vendre ».

Quand on l’interroge sur l’objectivité dans le métier, Xavier est catégorique : « choisir c’est être subjectif. L’objectivité dans le journalisme n’existe pas. A partir du moment où l’on est quelque part, on interfère sur le terrain, plus ou moins ». Il s’agit ensuite d’assumer ou non ce choix. Xavier Lalu rappelle que la subjectivité ne veut pas dire prendre parti : « C’est assumer de montrer quelque chose à l’instant T. C’est ne pas nier ton histoire. Nous sommes animés par des valeurs et des schémas de pensée ». 

Le fonctionnement de la presse aujourd’hui

La possession des certains groupes de presse par des grandes fortunes est un problème structurel mais selon notre interlocuteur, « c’est typique de l’époque dans laquelle on vit : on a une explication simple pour quelque chose de beaucoup plus compliqué ».

Posséder un organe de presse est certes un enjeu de pouvoir, un capital symbolique. « C’est un objet d’influence mais ça ne veut pas dire que tous les jours, Drahi, Niel ou Dassault vont voir les rédactions pour leur dicter leurs papiers », assure Xavier Lalu. 

Lorsqu’on lui rappelle que l’auto-censure existe bel et bien dans le métier, Xavier Lalu ne le nie pas mais fait une différence avec la censure généralisée que la société semble prendre pour acquise. En citant les différentes affaires qui sont sorties dans la presse (Benalla, Bettencourt, Cahuzac, Panama Papers), il nous explique que « la preuve de l’inanité de ce constat est tous les jours dans la presse. »

Il conseille aux journalistes qui font face à une certaine censure de se focaliser sur la sortie de l’information. « On peut toujours ne rien dire, filer l’info à un confrère qui bosse pour un autre journal qui va faire le boulot ».

« On a un président de la République qui nous explique, après l’affaire Benalla qu’on a une presse qui ne cherche plus la vérité, puis une loi sur le secrets des affaires qui a été votée. On a une loi anti-fake news, qui donne le pouvoir à un juge administratif en période électorale de décider qu’une information est vraie ou pas ». Xavier Lelu observe depuis quelques années que la corporation est de plus en plus soudée. « Par la force des choses, il y a eu de grosses attaques contre la presse en France».

La place de l’image : l’exemple de Libération ?

Xavier nous raconte l’importance de l’image au sein de la rédaction du journal pour lequel il est correspondant à Toulouse. « A chaque fois qu’on part quelque part, même si la photo n’est pas publiée ou qu’elle n’est pas prévue dans le papier au départ, on envoie quand même un photographe ».

La rédaction limite autant que possible l’appel aux agences, elle  fait le choix de faire travailler beaucoup de photographes. « Après la question de la valeur de la pige c’est autre chose. Mais la photo est au centre de leur préoccupation éditoriale. J’ai l’impression que c’est une exception quand même ».

Couverture de Libération du 7 octobre 2020
Couverture de Libération du 7 Octobre 2020

Xavier Lalu pointe la confusion que font trop souvent les gens entre ce qui est de la presse et ce qui ne l’est pas. « Ce n’est pas parce que tu lances une chaîne youtube que tu es journaliste ou que tu as filmé une charge de CRS avec ton téléphone que tu es journaliste ».

Il revient sur l’importance du traitement de l’information. Lorsqu’on lui demande alors la différence entre Libération et Valeurs actuelles, il ne se démonte pas : « ce sont des journaux, il y en a un qui défend des valeurs humanistes et l’autre qui défend des valeurs plutôt conservatrices. Là où Valeurs actuelles peut être très borderline c’est dans la façon dont ils articulent leurs informations, ce n’est plus de l’information parfois ». 

Xavier fait une différence entre l’information d’intérêt public et le reste de l’information. « L’information d’intérêt public c’est celle qui va nous permettre de comprendre la société, le monde dans lequel on vit ». Selon lui, ce type d’information ne peut plus être régi par des grands groupes qui ont des intérêts commerciaux et des problématiques de publicité et d’actionnariat. 

Il détaille le fonctionnement des fonds de dotation, déjà en place aux Etats-Unis et depuis peu en France. C’est un système qui permet une autonomie dans le temps et une indépendance de la rédaction. « Tu n’es plus rémunéré pour la performance de ton article  mais pour le travail que tu vas faire. C’est important pour que l’information d’intérêt public soit fiable et qu’on retrouve confiance en elle. Aujourd’hui, on en est là ».

Toutes les informations utiles de l’épisode

L’immédiat

Les journalistes et ressources cités dans l’épisode

Le site d’information de Sciences Po Toulouse
Le parcours de Philippe Pujol
Le podcast de Philippe Pujol
Actu Toulouse

Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon

Note-moi si tu peux

Le livre pour tout savoir sur le photoreportage

Découvrez toutes les techniques pour construire un reportage efficace qui va se vendre dans les rédactions.

william lambelet

William Lambelet est photographe professionnel et formateur, spécialisé dans le mariage, depuis une dizaine d’années. Il a développé un style qui lui est propre en cherchant une approche documentaire dans son travail. Aujourd’hui, il a rejoint Collectif DR pour diversifier son activité grâce au reportage.

Dans ce nouvel épisode du podcast, vous allez apprendre :

  • Comment développer son activité dans un marché de niche (3 »15)
  • La puissance du positionnement (6’’35)
  • Construire une synergie pour diversifier son activité (39’’00)
  • Comment fixer ses tarifs (20’’00)
  • Intégrer le contenu des formations que vous suivez (9’’20)

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Comment développer son activité dans un marché de niche

William nous avoue qu’il n’a pas suivi de formation photo ; « j’ai même pratiqué la photographie assez tardivement ». Passionné par le « pouvoir des photographes à ramener des histoires », il fait son oeil en lisant les magazines National Geographic et Géo. Il achète son premier boitier numérique à l’âge de 23 ans. Il est tout de suite sollicité pour faire les photos d’un mariage. « J’ai donc découvert le métier grâce à  des mariages d’amis. J’ai pu développer un style bien à moi , assez éloigné de la photo conventionnelle qui se faisait à ce moment-là ».

L’exercice lui a tout de suite plu. Il y a vu d’emblée l’opportunité de raconter des histoires. « Tous les mariages sont différents, je n’avais pas la sensation de refaire la même chose ». Il nous explique qu’il a axé son approche photographique sur la singularité de chaque mariage. « D’ailleurs nous sommes quelques-uns à avoir développé cette approche que nous appelons du photojournalisme de mariage ». 

William voit dans cette façon de travailler un très bon équilibre entre une manière de photographier dans laquelle il est à l’aise et une opportunité de développer un style qui le différencie. 

La puissance du positionnement 

Il est vrai qu’en France, gagner de l’argent reste un problème. On pense, à tort, que conviction et réussite financière sont incompatibles. Or, « on peut tout à  fait travailler par conviction et donner de la valeur à son travail. C’est même très important », insiste William. 

Au fil des années, il a construit un business plan qui lui a permis d’abord de trouver son style, avant de définir quel était sa clientèle cible. « Au début, j’ai travaillé principalement avec une clientèle anglo-saxonne, parce que l’approche journalistique était beaucoup plus développée là-bas ». 

Ensuite, William a cherché à en savoir plus sur cette clientèle cible. Comment cherchait-elle un photographe de mariage ? « Ces étrangers qui viennent se marier en France, ce qu’on appelle le Destination Wedding, ne perdent pas de temps avec des moteurs de recherche. Ils passent par des plateformes recensant les photographes ». Ces annuaires organisent régulièrement des concours pour donner de la valeur au travail des photographes. Les photographes les plus récompensés sont mis en avant sur ces plateformes. 

Ainsi, William a réussi à déterminer avec précision ses clients idéaux. « Rarement en dessous de la trentaine, ce sont des mariés qui ont un vécu, qui veulent voir la réalité de ce qui se passe pendant cette journée, des fois même avec humour. »

William Lambelet photographe mariage
@ William Lambelet

Une synergie pour diversifier son activité

Quand on lui demande pourquoi il a voulu se lancer dans le reportage, William répond instinctivement : « par conviction. Je suis convaincu de la portée de mon travail en mariage. Je voulais aller encore plus loin ». En effet, lorsqu’il documente une journée de mariage, William s’attache à créer un héritage familial qui sera diffusé à un public restreint qui n’est autre que le cercle des mariés.  Par le reportage, il a l’ambition de témoigner pour un plus large public. 

Il y voit l’occasion de donner encore plus de sens à son travail. « J’ai eu la chance de travailler dans différents pays et je me suis aperçu que le mariage est un formidable marqueur temporel, social et sociétal ». 

William a réalisé un reportage sur le mariage en Inde : «  c’est un super marqueur de la condition de la femme dans la société indienne ». De même pour son reportage sur le mariage en temps de Covid-19, « c’est un témoignage de ce qu’on vit à notre époque ». 

Publication dans La Croix Hebdo @William Lambelet

C’est ainsi qu’il a l’idée d’utiliser le mariage pour parler de la société. Néanmoins il l’assure, il fait bien la différence entre son travail de photographe de mariage pour des clients et son travail de photojournaliste. 

« Je ne couvre pas le mariage de la même façon ». 

S’il travaille pour des mariés, il va se concentrer sur leur histoire. « Je m’intéresse beaucoup à ce qu’ils ont vécu avant. Leur journée de mariage est un outil pour parler d’eux, de leurs relations avec les présentes ce jour-là. C’est la même chose si je travaille pour un magazine sur un mariage mais l’angle sera différent ».

Depuis six ans, il séjourne chaque hiver en Inde. Il a commencé un travail au long cours là-bas. Il nous assure qu’il avance bien dans ce travail photographique conséquent parce qu’il vit de commande. En effet, il photographie des mariages en Inde. Ces prestations lui permettent de financer ses voyages. Il a une très bonne connaissance du milieu et beaucoup de contacts pour avancer au mieux pour ses sujets documentaires. 

« Voilà 11 ans que je suis photographe de mariage avec un modèle qui fonctionne bien et des rentrées d’argent régulières ».

C’est aussi ce qui l’a poussé à intégrer Collectif DR. Il veut pouvoir financer ses reportages sans toucher à ses deux autres sources de revenus que sont le mariage et la formation. 

William Lambelet photographe mariage Inde Galerie Photon Collectif DR
Photo exposée à la Galerie Photon lors de l’exposition Destination Reportage, de Collectif DR @William Lambelet

« Mon idée, c’est de vendre un ou deux reportages à la presse, de faire une exposition sur ce sujet là, éventuellement un livre et de continuer à rentabiliser ce qui a déjà été fait ». 

Comment fixer ses tarifs ?

Selon lui, se faire un nom est essentiel pour éviter de tomber dans la catégorie du photographe « couteau suisse », sachant tout faire mais spécialiste en rien . William annonce que c’est souvent ce type de photographe que l’on choisit pour son tarif plutôt que pour ses compétences. 

Quand on l’interroge sur la réalité des chiffres, William est transparent. Il réalise entre 12 et 20 mariages par an avec un panier moyen se situant entre 3500 et 4000 euros. 

Il nous explique que son tarif de base est plus bas afin de pouvoir rester dans le premier choix des mariés. « Même s’ils préfèrent mon travail, l’écart est trop important entre un photographe à 1500 euros et mon tarif à 4000 euros. J’ai donc un tarif entrée de gamme aux alentours de 2000 euros qui me permet de rester dans la première sélection ».

C’est en rencontrant ses futurs mariés en rendez-vous qu’il explique sa plus-value et réussit à vendre des options supplémentaires. 

« Voilà maintenant 3 ou 4 ans que je ne vends plus de fichiers HD s’ils n’ont pas un album ou des tirages ». William nous explique qu’il a fait évoluer son offre. Au début, il ne vendait que des fichiers numériques mais face au nombre de mariés qui ont perdu les fichiers ou qui ne les stockaient sur un disque dur sans en profiter, il a décidé d’évoluer. « A partir du moment où ils ont un support de qualité, qu’ils pourront garder plusieurs années, j’offre les fichiers HD ».

Intégrer le contenu des formations

C’est en travaillant pour les concours organisés par les plateformes de photographie de mariage et surtout par les récompenses qu’il a obtenues, que William s’est construit une renommée internationale dans le monde du mariage. D’abord, il a été invité à donner des conférences dans différents pays (Mexique, Afrique du Sud, Brésil, Russie, Inde). « Je me suis aperçu que, sur chaque continent, il y a avait des styles photographiques différents, souvent liés à la culture, et c’était super intéressant de pouvoir échanger avec des photographes locaux ».

Puis, il a eu l’idée de proposer des formations pour permettre aux photographes de s’ouvrir à ces différents styles. Il a donc créé un organisme de formation. En plus de donner des formations en France et à l’étranger, il faut venir des formateurs étrangers en France. 

Quand on pointe le risque d’uniformisation du métier à cause des formations, William s’inscrit en faux. « Si tu appliques quelque chose que tu apprends, sans savoir pourquoi tu le fais et sans que ça t’appose quelque chose personnellement, tu ne vas pas forcément bien le faire ». 

Il appelle les photographes à s’approprier le contenu de ce qu’ils apprennent en l’adaptant à leurs pratiques et en y ajoutant de la valeur. « Ne cherchez pas à faire de la copie », insiste-t-il.

Il conclut cet épisode par deux conseils précieux :

 – suivre son instinct. « C’est très important pour sortir du lot ».

 – se fixer des objectifs 

Il précise que la réussite est très personnelle mais les objectifs, quels qu’ils soient, vont vous permettre de garder la motivation pour avancer. 

Toutes les informations utiles de l’épisode

Son travail de photographe de mariage

Son travail de photojournaliste

Rise Up

Les photographes cités dans l’épisode

Franck Boutonnet

Méthodologie pour vendre ses photos à la presse magazine

Découvrez une méthode qui fonctionne pour vivre du photojournalisme durablement en apprenant à trouver de bonnes idées de reportages et surtout en apprenant à les vendre.

photoreporter photojournalisme

Visa pour l’Image est le festival de référence en matière de photojournalisme. Il a lieu chaque année en septembre à Perpignan. La première semaine est réservée aux professionnels venant du monde entier pour échanger sur l’évolution du métier et du marché de l’image. 

Arnaud Felici est coordinateur général du Festival Visa pour l’Image. Il est également à la tête du CIP, le Centre International de Photojournalisme qui a pour mission de mettre en avant le travail des photojournalistes. 

Dans ce nouvel épisode du podcast, vous allez apprendre :

  • Comment est né le plus grand festival de photojournalisme au monde
  • Comment s’organise un festival tel que Visa
  • Comment sont sélectionnés les sujets
  • Comment trouver des financements pour vos sujets

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Comment est né le plus grand festival de photojournalisme au monde ?

Il faut revenir dans les années 80. Arnaud nous explique que c’était une période de grande évolution en France avec les lois sur la décentralisation. En effet, ces lois ont permis aux collectivités d’être maître de leur budget et de ne plus avoir de contrôle par l’état (plus précisément, par la préfecture) avant la réalisation de projet.

Toutes les villes ont eu la capacité de gérer leur budget comme elles le souhaitaient. « C’est comme ça qu’on a vu, à cette époque, partout en France la création de manifestations culturelles, sportives et autres ». 

Ce qui s’est passé plus particulièrement à Perpignan, c’est un appel à projet lancé par des collectivités (la Ville de Perpignan, le Département, la chambre des métiers, la chambre de l’Agriculture, l’union patronale, la chambre de commerce). Ces structures ont pointé le manque d’activité économique sur le territoire à partir du 15 août. Elles ont eu l’idée de créer un événement pour « faire revenir le monde sur la période d’août/septembre ».

Festival Visa pour l'Image - Photojournalisme - Perpignan
Affiche du festival Visa pour l’Image à Perpignan. Septembre 2020 © Raphaëlle Trecco

Beaucoup de structures ont répondu et c’est un projet autour de la photographie qui a été retenu. « Voilà comment Visa pour l’Image est né. Jean-François Leroy était déjà de la partie ». Arnaud nous explique que Jean-François travaillait au magazine Photo à l’époque et il a présenté Paris Match comme partenaire du projet alors que ce n’était pas encore le cas. « Il a déboulé à Perpignan avec un Match hypothétique et c’est comme ça qu’il a convaincu. Le premier Visa, il n’y avait que la France et l’Italie représentées, une centaine de photographes, un bilan financier pas forcément positif. Alors que  Match et Photo voulaient arrêter la manifestation, le maire de la ville a décidé de combler les dettes pour que le festival soit maintenu à Perpignan ».

L’organisation d’un festival tel que Visa  

Arnaud Felici revient sur son travail. « Je suis chargé de faire le lien entre l’organisation de Jean-François Leroy et le territoire à Perpignan, les partenaires locaux et les partenaires institutionnels ».

L’association Visa pour l’Image est située à Perpignan. Elle a deux missions

  • Organiser le Festival Visa pour l’Image

« On travaille en partenariat avec Jean-François. L’association passe commande à Jean-François pour l’organisation d’un festival. C’est un contrat de 3 ans. Nous sommes dans la 2ème année du contrat ». 

  • Mettre en œuvre une action annuelle autour du photojournalisme, via le CIP, centre qui a pour vocation la promotion du métier des photojournalistes, la défense de la liberté d’expression, la valorisation des fonds photographiques et bien sûr l’éducation aux médias. 

Jean-François Leroy est président de sa société « Images Evidence », qui réalise le festival. Il est directeur artistique de Visa.

« On a un fort financement public, il est normal que, pour tout euro public utilisé, il y ait une mise en concurrence pour attester que tout est règlementaire ».

Le budget de Visa est constitué du budget de l’association et du budget d’Images Evidence. « L’association a pour mission d’aller chercher des financements publics et des mécénats locaux et régionaux, de temps en temps nationaux mais la responsabilité des partenariats nationaux et internationaux appartient à Jean-François Leroy ».

1 300 000 euros, c’est le budget global de Visa pour l’Image. « L’association ne couvre pas l’ensemble du budget. Jean-François Leroy consolide le budget d’environ 25% ». Il faut rajouter des prestations techniques qui sont apportées par des partenaires comme la Ville, ou des partenaires privés, ce qui représente 700 000 euros de budget en plus.

Comment sont sélectionnés les sujets ?

L’année 2020 est évidemment un peu particulière mais, en règle générale, Jean-François Leroy reçoit entre 3500 et 4000 sujets. Il faut savoir que le festival présente environ 25 expositions et si l’on compte les soirées de projections, « on doit monter à 200/250 sujets projetés sur 6 jours », précise Arnaud Félici.

Le travail de sélection est conséquent. 

En moyenne, le festival reçoit chaque année entre 2800 et 3000 professionnels qui viennent participer au festival Visa pour L’image. 

Dans le cadre du Festival, il y a deux parties distinctes : 

  • Tout ce qui est à destination du public est gratuit (expositions, colloques, projections,etc…)
  • Tout ce qui est à destination des professionnels est accessible sur accréditation.

L’organisation de la partie professionnelle est entièrement organisée par Images Evidence.

« L’essentiel des sélections d’images, c’est Jean François Leroy et sa directrice adjointe Delphine Lelu. Jean-François n’est sur aucun jury de remises de prix, ces sélections sont confiés à des picture editor du monde entier, tous médias confondus, que ce soit du web, de la presse, de la télé, de la radio ».

Ce sont des gens qui ont vécu ou qui vivent cette évolution dans ce secteur d’activité. Arnaud nous rappelle que « c’est tout le secteur d’activité de l’information, pas uniquement la presse-papier, qui est en train se transformer ».

Il prend l’exemple des magazines qui font paraître du people et du reportage. « Si le portrait d’une famille royale en couverture permet de financer un photojournaliste pour aller couvrir le moyen orient, c’est une logique d’équilibre ».

Cette logique a toujours existé jusque dans les années 80/90 dans les agences, où elles faisaient du news, du reportage, de l’archive.

Or, les agences ont été démantelées parce que cette logique s’est cassée. « Le people ça marche, je garde, l’archive, ça ne fonctionne pas, je m’en sépare ». 

Dès lors se pose la problématique de mémoire : Arnaud nous alerte sur cette mémoire photographie qui « reste importante pour comprendre notre monde ».

On le voit avec l’évolution du numérique. Il y a encore 10 ans, on critiquait Instagram, Facebook, Twitter. On se rend compte aujourd’hui que tous les professionnels, pour exister, passent par ces outils-là pour avoir une audience, une communauté qui les écoute, qui les regarde. Aujourd’hui là, ces outils prennent le pas sur la presse traditionnelle. 

Arnaud reconnaît que « les nouvelles générations sont de moins en moins sur un support papier. Ils utilisent un support dématérialisé ».

Si l’utilisation d’un Facebook, d’un Instagram permet de montrer une situation, un événement dont on n’a pas conscience, dont on n’a pas idée, alors c’est une avancée. « Nous sommes tous des vigies maintenant. On a tous la capacité à pouvoir s’indigner et à pouvoir montrer quelque chose qui nous révolte ».

Couvent des Minimes - Visa pour l'Image - Exposition de Sarah Caron
L’exposition de Sarah Caron « Les derniers des Mohana » au Couvent des Minimes. Septembre 2020 © Raphaëlle Trecco

Trouver des financements pour vos sujets

« Visa, avec sa force d’impact, de prix et de bourses c’est plus de 140000 euros qui sont distribués aux photographes ». 

À l’origine, Visa n’avait pourtant pas cette vocation de doter les prix. Les dotations ont commencé pour les 20 ans du festival. « On était en 2008, le secteur avait tellement évolué, les magazines et journaux n’étaient plus forcément dans de la commande, Visa a fait le choix par le biais de Jean-François qui est allé voir les partenaires privés pour trouver des fonds ». 

Depuis trois ans, la volonté de l’association et du festival est d’offrir une rémunération aux photographes, ce qui n’était pas le cas avant.

Les photographes sont rémunérés à hauteur de 1000 euros pour tout travail exposé. 

Le CIP est dans la même démarche. Chaque production d’exposition donne lieu à une rémunération du photographe. « Le ministère a sorti fin 2019 un protocole de rémunération qu’on a appliqué ». 

Il faut que les photographes apprennent à aller chercher les financements. Des fondations existent, des entreprises cherchent à faire couvrir des reportages, des ONG cherchent des photographes. Chaque ministère a des appels à projets, des bourses.

Arnaud Felici encourage tous les photographes à faire une veille active. « C’est du travail. C’est comme pour un archéologue qui passe 95% de son temps dans une bibliothèque et 5% de son temps sur un chantier ».

Il y a des structures qui proposent des résidences photographiques, photo-journalistiques, artistiques. Les informations sont facilement accessibles par Internet.

Le CIP réalise tous les ans depuis 5 ans maintenant une résidence avec un photographe. Ainsi, dans le cadre de cette résidence, le photographe est rémunéré à hauteur de 9000 euros pour 3 mois d’activité, ce qui peut permettre de financer des projets au long cours. 

À ce propos, nous avons interrogé Frédéric Noy qui a eu la gentillesse de partager tout son mode de fonctionnement pour financer ses projets au long cours.

Arnaud pointe l’importance de diversifier son activité pour survivre dans le métier. Il reconnaît qu’il faut améliorer la formation des photographes. « C’est peut -être ce qui manque dans les cursus de formation ou dans les écoles. On apprend la technique, la pratique mais on n’apprend pas à vivre de la photographie ».

Arnaud Felici termine par cette invitation à passer à l’action :  « La chance, ça se provoque » !

On ne peut s’empêcher de rebondir sur la phrase de Pierre Desgraupes, pionnier de la télévision française, qui prendra la tête d’Antenne 2 en 1981 : « Le manque de chance est une faute professionnelle ».

Toutes les informations utiles de l’épisode

Festival Visa pour l’Image

Centre International de Photojournalisme

Rémunération du droit de présentation publique

Méthodologie pour vendre ses photos à la presse magazine

Découvrez une méthode qui fonctionne pour vivre du photojournalisme durablement en apprenant à trouver de bonnes idées de reportages et surtout en apprenant à les vendre.

photoreporter photojournalisme

Loris Monteux est réalisateur, vidéaste, influenceur et fondateur de l’agence Uni-Prod. Il est aussi pilote de drone et lance aujourd’hui la première formation en ligne sur cette thématique. 

Dans ce nouvel épisode du podcast, vous allez apprendre :

  • La nécessité d’adopter une stratégie marketing claire et efficace
  • l’utilité du drone pour proposer des prestations complètes en entreprise
  • la valeur ajoutée du drone pour un photographe cherchant d’autres sources de revenus
  • ce que la formation de Loris va vous apporter 

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La nécessité d’adopter une stratégie marketing claire et efficace

« Au début, je ne communiquais pas sur le côté institutionnel. Je ne partageais que le côté WOW, le côté voyage. C’est ce qui plaît aux gens et c’est ce que les gens aiment voir sur les réseaux sociaux ». C’est en partageant des vidéos institutionnelles répondant à des commandes pour des entreprises que les gens ont commencé à contacter Loris pour répondre à leurs besoins. 

Il a ensuite orienté sa communication sur ses réseaux sociaux. « C’est magique, tu peux faire ta pub gratuitement sur instagram, youtube et Facebook. Je mets en avant le BTP, le côté touristique. Je mets en avant le fait que je bosse avec des influenceurs et des infopreneurs. Et les gens se reconnaissent ». 

Quand on l’interroge sur la stratégie marketing qu’il a mise en place pour attirer les clients avec lesquels il veut travailler, Loris répond très sincèrement : « Je partage ce que j’aime : j’aime l’avion, j’aime faire la fête, la rando, j’aime bosser. Je partage tout ça et c’est du personal branding au final. C’est calculé mais je ne me creuse pas la tête non plus ».

Compte Instagram Loris Monteux Formation drone
Le compte Instagram de Loris Monteux

La stratégie de Loris est simple : partager son quotidien en restant fidèle à lui-même. « Dans le milieu des influenceurs, pour en avoir rencontré pas mal, il y a plein de gens qui se donnent un genre, qui jouent un personnage devant la caméra et qui, en dehors, sont tout autre ». Il ne veut surtout pas créer de déception le jour où il est amené à rencontrer des gens pour des raisons professionnelles. 

Le fait de partager ses réalisations dans le domaine du BTP lui permet de montrer son savoir-faire et d’attirer des clients. « Pendant le confinement, j’ai montré que j’avais recruté une personne en plus et que j’avais pris des bureaux. Cela montre que dans une période négative, on essaie de trouver du positif ».

L’utilité du drone pour proposer des prestations complètes en entreprise

« J’ai beaucoup de demandes de photos au drone, de la petite PME qui veut une photo de son entrepôt, à la dernière campagne de pub pour Vinci Autoroute ». 

Quant au prix d’une telle prestation, Loris est transparent : « il y a plus de monde sur le marché. Pour prendre une fourchette haute, il faut compter 500/600 euros la demi-journée et 1000 euros la journée ». Ces tarifs se rapprochent globalement d’une prestation photo corporate classique. 

Loris insiste sur le fait de bien calculer ses prix. Il ne faut pas négliger la préparation en amont, la partie administrative avec les demandes d’autorisation suivant le lieu de tournage. C’est à prendre en compte dans sa prestation. Le réalisateur admet que « les plus grosses entreprises ne sont pas forcément celles qui ont le plus de budget ». 

« C’est rare que je fasse une prestation qu’avec le drone et c’est encore plus rare que je fournisse des plans sans montage ». C’est un réel avantage pour le client. Loris nous livre le dernier exemple en date : il a été contacté par Vinci Autoroute, qui cherchait un pilote de drone pour une web-série. La société lui annonce qu’ils attendent sa réponse pour contacter ensuite un réalisateur pour finaliser le projet. Loris est alors capable de couvrir l’ensemble de la prestation. C’est beaucoup plus avantageux pour l’entreprise qui n’a qu’un seul interlocuteur. 

Loris ne s’interdit pas de travailler avec plusieurs personnes, bien au contraire. « Je vais faire appel à des prestataires en fonction de leurs spécialités. Je vais faire appel à l’un parce qu’il est bon en prise video de séminaire, à un autre parce qu’il est bon pour grimper avec son matos sur une falaise ». 

« Je prends l’exemple de Damien qui bosse avec moi depuis 4 ans. Si je le salariais, je paierais plus de charges, il gagnerait moins. Aujourd’hui, Damien le Gallo fait partir d’Uni Prod et je le considère comme un associé« .

Concrètement, quand ils couvrent une prestation à deux, chacun facture le client de son côté.

Site web Loris Monteux Uni Prod
Le site web de Uni Prod, l’enreprise fondée par Loris Monteux

La valeur ajoutée du drone pour un photographe cherchant d’autres sources de revenus

« Uni Prod c’est 70 % de videos et 30 %de photos (reportage BTP, marque de sport) ». 

Beaucoup de photographes se mettent à la vidéo et, selon Loris, leur évolution est impressionnante. « La colorimétrie, l’émotion, le mouvement, les bases sont déjà là ». 

Loris conseille à tous les photographes de se lancer. La vidéo et plus spécifiquement la vidéo au drone est une valeur ajoutée non négligeable pour les entreprises. 

Certes, Loris concède que le drone n’apporte qu’une vue aérienne qui peut dérouter certains photographes, très attachés au travail de cadrage et aux réglages spécifiques. Mais les images et rushs que peut apporter le drone permettent de répondre de façon plus large aux besoins du client et d’apporter ainsi une prestation plus complète. 

« Quand j’ai lancé mon entreprise, j’avais découvert la vidéo deux ans auparavant. J’ai pu monétiser mon savoir faire en deux ans. Je l’avais déjà fait un peu avant avec des petits contrats en auto-entreprise. C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de monter mon entreprise ».

Chaîne Youtube Loris Monteux
La chaîne Youtube de Loris Monteux

Ce que va vous apporter la formation de Loris Monteux

Loris précise tout de suite que « c’est une formation de drone non certifiante. Elle ne donne pas accès à la certification pour être pilote de drone, que ce soit vidéo/photo ou tout autre domaine ». 

Cette formation s’adresse à deux types de public : 

  • Les pilotes professionnels (photographes et vidéastes) qui veulent améliorer leur pratique en vol et augmenter la qualité de leurs vidéos grâce à des montages plus percutants. 
  • Les pilotes loisirs qui viennent d’investir dans du matériel et qui souhaitent rentabiliser leur achat. 

« Un bon drone d’entrée de gamme c’est dans les 500/600 euros ». 

La théorie peut être assimilée sans passer par l’école. La partie réglementation et sécurité est à passer avec un instructeur. 

« J’explique comment voler à la mer, à la montagne, quand il y a du vent, quand il fait froid ». La formation comporte 26 modules pour un contenu total de plus de 5 heures. 

Rien que la partie montage dure au moins deux heures en cumulé. Les vidéos sont courtes pour faciliter l’apprentissage et l’assimilation. 

Loris a construit sa formation avec les questions les plus fréquentes qu’il recevait des utilisateurs de drones. Il explique comment il transporte son matériel en avion, comment il fait dans les pays interdits. « C’est aussi une information qu’on retrouve beaucoup sur internet. Ce n’est pas la plus-value de ma formation. La vraie plus-value c’est quand j’explique comment j’arrive à faire certains plans. J’explique aussi toutes mes astuces en montage »

La formation comporte aussi une partie importante sur la règlementation pour faire voler son drone en toute sérénité. 

Loris donne les contacts de deux clubs de formation. « Ce que j’apprécie dans les deux clubs que je mentionne dans ma formation, c’est l’ouverture d’esprit. Si l’utilisateur a déjà volé en loisirs, le coût de la formation sera revu à la baisse en axant les journées sur la pratique et la règlementation. L’un est dans l’Oise, l’autre est à Rouen ». 

La formation ne fait pas tout. Loris Monteux le répète : rien ne vaut la pratique. « C’est l’avantage du drone, on peut s’entrainer assez facilement ». 

Toutes les informations utiles de l’épisode

Loris Monteux

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Découvrez la réduction accordée à tous les auditeurs du podcast Photographe Pro 2.0.

Drone Académie affiliation Fred Marie

Pas de vacances pour les Stratèges ! La période estivale est l’un des meilleurs moments pour créer du contenu : on reste au frais, on prend le temps de lire, écrire et partager de précieux conseils qui nous ont aidé au reste de la communauté !

Entre juillet et août 2020, je me suis donc lancé un nouveau « Challenge 30 jours » sur le podcast, en publiant un épisode par jour, à midi.

Voici donc le « récap » avec les liens pour les ré-écouter.

#1 – Je relance le challenge « 1 épisode par jour pendant 30 jours » sur ce podcast !


#2 – Pour lire la suite, rendez-vous ici : https://photographestratege.podia.com/ebook-photographe-stratege


#3 – Découvrez mon Miracle Morning perso dans ce nouvel épisode !


#4 – Pour découvrir le travail d’Alice Santini : http://alicesantini.fr


#5 – Ne faites plus ces erreurs…


#6 – Pour rejoindre le groupe Facebook des Stratèges : https://www.facebook.com/groups/390966941420150/


#7 – Rencontre avec un autre passionné d’images et de podcast


#8 – Parce que la question elle est pas si vite répondue…


#9 – Que faire cet été ?


#10 – Découvrez le travail de Delphine Denans : https://www.diph-photography.com


#11 – Le livre dont je parle dans l’épisode : https://amzn.to/2Zvz0yn


#12 – Le livre de Tim Grover dont je parle dans l’épisode : https://amzn.to/2WznIYc


#13 – Salut à toi jeune photographe ! Est ce que tu préfères continuer à galérer et prendre le bus, ou est ce que tu veux gagner beaucoup d’argent avec tes photos ? La question elle est vite répondue dans ce nouvel épisode du podcast !


#14 – Si vous vous intéressez à l’entrepreneuriat et aux podcast, vous avez déjà peut être entendu la voix de Matthieu Stefani, dans son podcast intitulé « Génération do it yourself« .

Ce directeur d’agence de communication est un passionné de photographie.  Dans ce nouvel épisode il va nous parler, entre autre, des deux entreprises qu’il a créé et que vous connaissez très probablement, même si elle n’ont pas fait l’unanimité auprès de la communauté des photographes professionnels, à savoir Citizen Side et Ocus. 

Avec lui, on va parler de l’évolution du marché de la photographie et notamment du rôle des plateformes comme Ocus ou Meero. Un sujet polémique mais important et très intéressant. 


#15 – Pierre-Louis Ferrer est photographe spécialiste dans les domaines de l’ultraviolet, du visible et de l’infrarouge.

Après nous avoir présenté cette intéressante expertise photographique pour le moins inédite, il nous parlera également de « Label Photo », une communauté et un système de mise en relation de photographes et de clients qui à pour objectif de contrer des sociétés telles que Meero. 


#16 – Le livre de Call Newport dont je parle dans l’épisode : https://amzn.to/3hpRVRc


#17 – Aujourd’hui je reçois Vincent Leloup, photographe et co-fondateur du collectif Divergence, une structure qui diffuse plus de 130 photographes un peu partout dans le monde. 

Vincent est également le créateur d’un magazine en ligne dédié au photojournalisme, intitulé « Rendez-vous photos » et avec lui on va parler longuement des évolutions du marché de la photographie de presse.

Comment faire pour s’adapter quand on est photographe indépendant et comment continuer à pratiquer sa passion tout en vivant correctement. 


#18 – Le livre de Simon Sinek dont je parle dans l’épisode : https://amzn.to/2ZT9fbi


#19 – On en débat ici : https://www.facebook.com/groups/390966941420150/


#20 – Après avoir invité sur ce podcast le photographe de guerre Patrick Chauvel, j’ai le plaisir de partager avec vous un nouvel entretien avec un autre très grand monsieur de la photographie, qui continue d’écrire lui aussi l’histoire de l’art. 

Gérard Rancinan a commencé à prendre des photos pour la presse. 50 ans plus tard, il continue de documenter les grandes évolutions de notre société avec un regard d’artiste. 

Du photojournalisme au monde de l’art, des colonnes d’un journal, aux murs des musées, il n’y a qu’un pas, que nous allons franchir dans ce nouvel épisode. 


21 – La question du jour : peut-on vivre une vie d’artiste et une vie d’entrepreneur en même temps ?


#22 – Le lien pour accéder gratuitement à la conférence du 5 août 2020 : https://fred-formations.learnybox.com/conference/inscription/methode-photographe-stratege/


#23 – Dans ce nouvel épisode, je partage avec vous un entretien réalisé avec Pauline Petit, une photographe portraitiste qui a fait le choix de se lancer à 100% dans la formation et notamment la formation en ligne. 

À travers son blog et sa chaîne YouTube, Pauline donne depuis quelques années, des conseils pour maîtriser la photo de portrait.

Elle nous parlera de son utilisation des réseaux sociaux et de sa vision du marketing. 


#24 – Et vous, avez vous un coach ?


#25 – La meilleure solution pour apprendre à vendre ses photos à la presse : https://photographestratege.podia.com/pack-photoreportage


#26 – Aujourd’hui, j’accueille Ericka Weidmann, journaliste et fondatrice du magazine en ligne « 9 lives », spécialisé dans l’univers de la photographie.

Avec elle, nous allons parler de l’évolution du marché de la presse spécialisée et notamment celui de la presse photo.

Nous parlerons aussi en deuxième partie de l’entretien, de la place des femmes dans la photographie et de leur représentation dans le milieu professionnel. 


#27 – Le jour où j’ai vraiment eu peur…


#28 – La problématique de tous les photographes qui se lancent, mais pas que…


#29 – Rejoindre l’aventure : https://fred-formations.learnybox.com/club-strateges/


#30 – Fin du podcast quotidien !

On continue l’aventure ici : https://fred-formations.learnybox.com/club-strateges

Pierre Morel est photographe professionnel depuis une dizaine d’années. Il a suivi une formation de 8 mois à l’EMI-CFD pour devenir photojournaliste. Aujourd’hui, il travaille principalement en commande pour des journaux variés (Paris Match, LesJours.fr, Okapi, …). Il travaille aussi pour des institutions et des entreprises. 

Pierre Morel est membre de l’agence Divergence Images et il est représenté par un agent de La Company.

« J’ai une activité très diversifiée. Mes sujets de prédilection sont les reportage politique, de société. J’aime porter un regard optimiste et positif sur les entreprises en France et en Europe. Je développe principalement sur des sujets gentils ». 

Dans ce nouvel épisode du podcast, vous allez apprendre :

  • Comment partir en commande pour une rédaction  (6’’13)
  • L’importance du positionnement marketing (11’’50)
  • Comment mettre en place une stratégie efficace (18’’05)
  • Comment modifier son rapport à l’argent  (20’35)
  • quelles sont les associations de défense des photographes (14’’20)

Vous pouvez aussi écouter cet épisode sur Apple Podcast ou sur Soundcloud

Comment partir en commande pour une rédaction?

Pierre Morel se définit comme un prestataire de la photographie. « Je réponds aux besoins d’une rédaction ou d’un client à partir de l’histoire qu’ils veulent raconter». Quand on lui demande comment il arrive à gérer la contrainte de la commande imposée, il répond franchement : « je suis assez détaché. J’adore la contrainte et le cadre de la commande. » Il se dit plus à l’aise sur le plan de la légitimé lorsqu’elle est apportée par le commanditaire. « Il m’est arrivée de proposer des sujets mais je me dis pourquoi ce sujet est légitime. Je n’ai pas la confiance ou l’envie de porter ça. » 

Il a su se faire identifier pour les rédactions parisiennes sur ces thématiques de prédilection. « Aujourd’hui, les commandes qu’on me confie correspondent aux sujets que j’ai envie de faire. »

Le photographe avoue volontiers qu’il faut aimer la commande. « D’une commande à l’autre, on change de sujet. Je n’ai pas proposé une seule idée depuis 2 ans. » Il ne se dit pas frustré pour autant. Bien au contraire. Son activité est en croissance constante depuis 10 ans. « Mais cette croissance est-elle liée à l’état du marché ou à ma croissance personnelle, je n’ai pas de réponse. J’ai l’impression que le marché de la commande est toujours le même gâteau. Je suis toujours surpris qu’on m’envoie à l’étranger pour des commandes ».

Publication d'une photographie de Pierre Morel en double-page de Studio Cine Live en Septembre 2017
Parution de Pierre Morel dans Studio Ciné Live de Septembre 2017

L’importance du positionnement marketing ?

On parle beaucoup de l’évolution du marché de la photographie avec un discours souvent très négatif. Mais Pierre se veut optimiste : « Il y a toujours un besoin de production photographique originale sur un certain marché (plutôt un marché de niche, un marché premium) On a toujours besoin de portrait de PDG ça ne se trouve pas en micro-stock. Les journaux qui veulent montrer une plus-value, ont besoin de passer commande pour du contenu original ».

Il affirme que ce n’est pas tant la qualité des photos qui prime que le professionnalisme. Evidemment, les photographes sont de plus en plus nombreux sur le marché. Plutôt que de s’attarder sur la concurrence, Pierre Morel conseille de rester pro-actif par rapport à la commande. C’est cette attitude qui va apporter les recommandations et permettre de durer dans le métier : « ça fait 10 ans que je fais ce métier, je dois louper 15/20 plans par an parce que je ne suis pas disponible. »

Miss France 2016, Iris Mittenaere, essaie des robes dans les coulisses du Moulin Rouge à Paris le 10 novembre 2016 en prévision de sa participation au concours Miss Univers. Elle est suivie par une équipe de l’émission de télévision « 50 minutes inside » (TF1) © Pierre Morel

Néanmoins, Pierre reconnaît que les modes peuvent changer. « Il est important de ne pas mettre tous ces oeufs dans le même panier. »

Comment mettre en place une stratégie efficace

Le photographe insiste sur le fait de montrer son travail. Aujourd’hui, les canaux de diffusion sont nombreux. Il est essentiel de se créer une audience qui pourra, par la suite, être monétisée. Il peut s’agir de tenir un blog ou organiser une exposition. Mais l’idée ce n’est pas d’être sur tous les canaux, notamment en termes de réseaux sociaux.  Pierre l’affirme : « il faut trouver quelque chose qui te ressemble. Sois original. » C’est la meilleure façon pour marquer les esprits et faire que les clients vont venir. 

Les lectures de portfolios sont un très bon moyen d’avoir un retour constructif sur son travail. « Il m’est arrivé de payer des iconographes pour regarder mon site ».

Il est fondamental de partir de soi. La photographie a cet avantage non négligeable d’avoir déjà un impact visuel fort. « Mes photos sont ma matière première et je vais m’en servir pour raconter des histoires, en les publiant régulièrement, en montrant des coulisses, des backstages, etc. ». Mais la pertinence du contenu et le fait de raconter des histoires sont indissociables de la notion de plaisir pour Pierre Morel :« il faut que ça te fasse plaisir, faire ta promo, la promo ton travail, la promo de ton collectif. Il faut pas se forcer. Le marketing est nécessaire. Si ça ne te fait pas plaisir, fais-le faire par quelqu’un d’autre ». 

C’est une réelle démarche personnelle à mettre en place. 

Comment modifier son rapport à l’argent ?

Pierre admet que le rapport à l’argent est une réelle question pour les photographes. « Un des grand problème du milieu artistique : quand on gagne des sous, on a l’idée qu’on galvaude son art. »

Il s’inscrit en faux contre cette idée reçue : « si ce n’est pas nous qui prenons l’argent de la valeur qu’on crée ce sont d’autres gens qui en profiteront, des plateformes, des galeries, des directeurs d’institution, etc. »

Avoir une vision pour son travail et assumer l’aspect business, c’est avoir plus de liberté et de moyens pour créer. C’est un état d’esprit à adopter. Pierre Morel est intransigeant quand on évoque la question des tarifs : « dans la vie professionnelle, si on commence avec un tarif  trop bas, les gens vont vous identifier à ce tarif là et ça va être très dur de remonter ». La valeur du travail ne se montre pas seulement avec la qualité de la production. Le tarif est un facteur important qui donne de la valeur à la photographie. D’ailleurs il insiste :  « si tu veux que les gens paient pour ton travail, il faut que toi tu sois prêt à payer pour ton travail à toi ». Il a investi dans un comptable, des locaux et divers outils promotionnels. Il confie que « l’argent est venu » lorsqu’il a considéré sa photographie comme un « vrai métier ».

S’imposer un bilan financier tous les mois, c’est aussi respecter ses valeurs. Pierre Morel explique qu’il s’agit « d’imposer des bonnes pratiques, payer correctement  les gens avec qui on travaille, s’entourer d’assistants, apprendre à déléguer, se donner les moyens d’avancer, payer ses logiciels, éviter de faire du black ». L’idée c’est créer un cercle vertueux qui va se répercuter sur notre activité.

Pour continuer à être efficace, il est important de s’accorder des temps de pause. 

« Plus j’ai détaché mon métier de ma passion, plus ça a marché. Plus j’ai coupé à 20h pour reprendre frais et dispo à 8h, plus j’ai pris de vacances, mieux ça a marché, plus j’ai été efficace ». Pierre confie que lorsqu’il part en reportage, la location de son appartement lui assure une rentrée d’argent passive. Il donne aussi des formations dans des écoles. Il évoque même l’envie d’écrire des livres. 

Il rappelle que « Freelance, c’est la liberté de donner la valeur que l’on veut à notre travail. »

Et si l’on traverse des moments de doutes, il ne faut pas hésiter à s’entourer. Il faut discuter avec les autres photographes et se tourner vers les syndicats et associations de défense du métier. 

Quelles sont les associations de défense du métier de photographe ?

Très impliqué dans le fonctionnement de l’UPP, Pierre assure que « dans n’importe quel métier, tu dois permettre à l’ensemble des membres d’avoir un maximum d’informations ». Ces organisation sont des regroupements de corporation qui apporte de la cohésion à l’ensemble du métier. Elles ont un rôle effectif d’action auprès de l’Etat. C’est un peu « la courroie de transmission vers les ministères », résume Pierre Morel. 

Les membres de ces organisations peuvent bénéficier d’une expertise juridique, d’un accompagnement individuel, de fiches pratiques. Pierre Morel conseille à tous les photographes de se rapprocher de ces organisations et d’envisager le prix de l’adhésion comme un investissement dans le métier : « Ces organisations sont la somme de ce qu’en font les gens ». 

Il conclue par un appel à l’entraide : « Une grande partie de la réussite c’est de faire collectif ». 

Toutes les informations utiles de l’épisode

Pierre Morel

La Company

L’UPP (Union des photographes professionnels)

La Maison des Photographes

L’article de Pierre Morel évoqué dans l’épisode

Méthodologie pour gagner des followers et de l’argent grâce à Instagram

Découvrez une méthode efficace pour constituer une audience conséquente sur le réseau social le plus impactant pour les photographes professionnels.

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