Passer de l’architecture à la photographie professionnelle n’est pas qu’un changement de médium, c’est une mutation stratégique. Dans cet épisode du podcast Photographe Pro 2.0, Fred Marie reçoit Laurent Dequick, photographe d’architecture et artiste représenté par la galerie YellowKorner.
Comment un ancien architecte a-t-il réussi à s’imposer sur le marché de la photo en seulement quatre ans ? Entre souplesse entrepreneuriale et vision artistique, Laurent nous livre les clés d’une carrière qui refuse les dogmes.
L’entrepreneuriat au service de l’image : La force de l’adaptation
Pour Laurent Dequick, être photographe, c’est avant tout être chef d’une petite structure malléable. Son parcours démontre que les compétences passées (comme la création d’images de synthèse pour les architectes) sont des actifs précieux pour comprendre les besoins réels des clients.
- La plasticité du business model : Ne pas s’enfermer dans un style unique, mais savoir répondre aux opportunités du marché, qu’elles soient artistiques ou commerciales.
- L’expérience client avant le dogme : Laurent souligne l’importance d’être « facile » à vivre pour ses clients, en évitant les blocages juridiques ou contractuels trop rigides qui font souvent fuir les grands comptes.
Stratégie de revenus : Jongler entre art et commande
Vivre de la photo demande souvent de diversifier ses sources de revenus. Laurent a structuré son activité autour de trois piliers complémentaires :
- L’édition artistique : Une collaboration de long terme avec YellowKorner, lui offrant une visibilité internationale dans plus de 100 galeries à travers le monde.
- La photographie d’architecture : Un retour à ses racines, où il met son œil d’expert au service des bâtisseurs pour des prises de vues académiques et techniques.
- La vente en direct : Via son site internet et des expositions plus confidentielles pour ses travaux les plus personnels.
La post-production : L’extension naturelle du déclenchement
Contre le purisme de certains clubs photo, Laurent Dequick assume une vision moderne : la photo ne s’arrête pas au boîtier. Pour lui, le fichier RAW n’est que la moitié du travail.
« Ta photo, il faut la développer. Ce n’est pas parce que tu as un fichier en sortie d’appareil que le boulot est fini. Il faut lui donner du caractère. »
Il anticipe d’ailleurs sa post-production dès la prise de vue, utilisant le bracketing et d’autres techniques pour s’assurer une marge de manœuvre maximale lors de l’editing.
Écouter l’épisode complet
Prêt à découvrir les chiffres précis de son taux journalier et ses conseils pour ne plus perdre de contrats à cause de vos CGV ? Écoutez l’interview complète sur votre plateforme préférée :
Aller plus loin
La technique est une chose, la stratégie en est une autre. Pour transformer votre passion en une activité rentable et pérenne, découvrez les formations de Photographe Stratège. Retrouvez également nos autres épisodes pour continuer à apprendre auprès des meilleurs experts du secteur.
FAQ : Les secrets de Laurent Dequick
Comment Laurent Dequick a-t-il fixé ses tarifs au début ?
Laurent a utilisé une méthode inversée : définir ses besoins mensuels (salaire, charges, matériel, assistant), puis diviser ce montant par le nombre de jours travaillés pour obtenir un taux journalier cohérent avec son train de vie.
Quelle est sa position sur les droits d’auteur en photographie de commande ?
Il prône une grande souplesse. Laurent n’hésite pas à céder des droits larges (usage illimité, pas de mention obligatoire du nom pour des portraits corporate) pour faciliter le business et fidéliser ses clients face à des confrères parfois trop rigides.
Comment se réinventer quand on photographie des lieux déjà vus mille fois ?
Il puise son inspiration dans la peinture classique et contemporaine plutôt que dans la photographie. Selon lui, aller chercher des références hors de son propre médium permet de proposer un regard neuf sur des sujets saturés comme Venise ou New York.