Le World Press Photo est l’équivalent des Oscars pour le photojournalisme, une distinction qui peut transformer une carrière du jour au lendemain. Dans cet épisode du podcast Photographe Pro 2.0, Fred Marie reçoit Maral Deghati, éditrice photo, commissaire d’exposition et figure centrale de la fondation World Press Photo.

Maral Deghati lève le voile sur les coulisses du concours le plus prestigieux au monde et explique que la victoire ne repose pas uniquement sur la force d’une image, mais sur une rigueur narrative et une éthique professionnelle irréprochable.

La mentalité des jurés : au-delà de l’esthétique

Pour Maral Deghati, le jury ne cherche pas simplement une « belle photo », mais un témoignage qui apporte une perspective nouvelle sur l’actualité mondiale.

  • L’importance du sujet : Une photo gagnante doit traiter d’un enjeu significatif, qu’il soit global ou local, tout en évitant les clichés visuels.
  • L’authenticité et l’éthique : Le concours est extrêmement rigoureux sur la manipulation des images. Toute retouche allant au-delà du développement classique (contraste, exposition) entraîne une disqualification immédiate.
  • Le regard de l’auteur : Le jury privilégie les photographes qui s’immergent dans leur sujet sur le long terme plutôt que ceux qui pratiquent le « parachutage » médiatique.

Stratégie de candidature : l’art de l’editing et du récit

Gagner le World Press Photo demande une préparation quasi scientifique de son dossier de candidature.

  • La narration visuelle (Storytelling) : Pour les catégories « Séries », la sélection doit avoir un début, un milieu et une fin. Chaque image doit apporter une information supplémentaire sans être redondante.
  • La précision des légendes : Une photo de presse n’existe pas sans son contexte. Maral insiste sur la véracité absolue des légendes (les fameux « 5 W » : qui, quoi, où, quand, pourquoi).
  • Le choix de la catégorie : Il est stratégique de bien choisir sa catégorie (Actualité, Environnement, Sport, etc.) pour que le message de l’image résonne au mieux avec les attentes des jurés spécialisés.

Réseau et écosystème : l’impact d’une nomination

Participer au World Press Photo, c’est intégrer un écosystème qui dépasse largement le simple cadre d’un prix.

  • La visibilité mondiale : Les photos lauréates font le tour du monde via une exposition itinérante vue par des millions de personnes.
  • Le rôle de la fondation : Maral explique comment le World Press Photo accompagne les photographes à travers des masterclass et des programmes d’éducation pour élever les standards du journalisme visuel.
  • Un levier pour la carrière : Une récompense facilite l’accès aux grandes rédactions internationales et aux bourses de production pour de futurs projets.

Écouter l’épisode

Découvrez tous les secrets de Maral Deghati pour préparer votre dossier et comprendre les critères d’excellence du photojournalisme mondial :


Aller plus loin

Le photojournalisme est une discipline qui demande une structure narrative forte.

  • Formations : Apprenez à construire des récits visuels percutants pour vos futurs reportages.
  • Autres épisodes : Retrouvez nos entretiens avec Dimitri Beck (Polka) ou Yann Castanier sur la narration en images.

FAQ : optimiser ses chances au World Press Photo

Est-il possible de gagner avec une photo prise au smartphone ?

Oui, Maral Deghati précise que le World Press Photo juge l’image, son contenu et son message avant la technique pure. Si l’instant est historique et le récit fort, le support importe peu.

Le concours est-il ouvert aux photographes amateurs ?

Le concours est réservé aux photographes professionnels (journalistes, indépendants, collaborateurs d’agences). Des justificatifs d’activité sont d’ailleurs demandés lors de l’inscription.

Comment se déroule le processus de vérification des fichiers ?

C’est l’un des plus stricts au monde. En cas de présélection, la fondation demande les fichiers RAW originaux pour les comparer aux fichiers envoyés afin de détecter toute manipulation de pixels ou suppression d’éléments.